Cours Julien Association loi 1901
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MARCHE PAYSAN DU COURS JULIEN
Le marché paysan,
qu’est-ce que c’est ?
Avec l’ADEAR 13, Association pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural, l’association cours Julien a créé le premier marché paysan à Marseille. Ce marché de producteurs met en avant la qualité des produits de l’agriculture raisonnée. Il a fait l’objet d’une charte de qualité et d’une convention entre l’association cours Julien, l’ADEAR et la Ville de Marseille.
2015

« (…) Renforcer l’importance et le rayonnement des marchés locaux des points de vue économique, culturel, social et touristique et leur impact sur le développement du territoire. Le marché représente un laboratoire naturel du dialogue interculturel (…) ». [in Medemporion]

L’association cours Julien, qui existe depuis 1992, a toujours travaillé sur des axes complémentaires sur le terrain de l’hypercentre ville.

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En effet, créée au départ par un collectif de commerçants (sur un principe simple de : « l’union fait la force »), elle s’est très vite aperçu des manques inhérents à l’occupation de l’espace public. Ainsi, dès la fin des années 90, elle ouvrait ses portes aux usagers et habitants du quartier. Naissaient alors de nouvelles missions dont celle de la responsabilité éco-citoyenne.
C’est cette conscience de vivre dans un environnement urbain multiculturel qui doit nous amener à réfléchir non seulement sur les conséquences de nos actes mais aussi sur la tolérance, autrement dit le bien vivre individuel et par conséquent collectif.
A l’heure actuelle être attentif à son environnement, être éco-citoyen, être acteur de ses choix de vie fait partie intégrante d’une réflexion sur la culture. L’influence de notre entourage (et n’oublions pas que nous sommes responsables de l’état de notre environnement) a des retombées directes sur nos comportements. Donc notre façon de penser, de transmettre et forcément d’envisager l’avenir. Non pas à court terme comme on aimerait nous l’infliger mais dans le futur… Nous sommes responsables de nos actes, ne pas en avoir conscience est proche de l’inconséquence. On ne peut envisager quoi que ce soit dans la confusion d’un brouillard de fatalisme.

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Au-delà de cette éthique de vie que nous défendons à travers l’ensemble des manifestations et événements que nous proposons, nous relevons aussi sans cesse des défis sur le terrain : lien social et intégration qui font parties de nos prérogatives. Au fil des années, ces missions se sont affinées, et aujourd’hui les deux axes fondamentaux récurrents sur lesquels nous travaillons s’avèrent être : culture et agriculture…
Deux secteurs d’activité totalement complémentaires.

Le territoire du Plateau est le lieu d’action de l’association cours Julien. Il est anciennement (jusqu’au début des années 70) le marché de gros de fruits et légumes de Marseille. La requalification des espaces (entrepôts, etc.) a donné lieu à l’émergence d’un quartier dit « créateur et culturel ». Rapidement une recherche de qualité de vie s’impose, l’implantation du marché paysan en 2001 est alors apparue comme une évidence…

La mise en place de ce marché a été possible grâce à la rencontre de l’ADEAR 13 (association pour le développement économique agricole rural). L’implantation au cœur de la ville a rencontré dès le départ des difficultés liées aux puissants lobbies des revendeurs déjà existants, mais avec force et ténacité le marché paysan du cours Julien a fêté ses 10 ans en avril 2011. Il est aujourd’hui un exemple « envié » par bon nombre de quartiers et communes.

La qualité de vie que nous défendons est un choix de vie auquel nous croyons !


Des souks de Fès au marché Egyptien d’Istanbul, de la Boqueria à Barcelone aux marchés de Provence en passant par Porta Palazzo à Turin, les marchés constituent une caractéristique essentielle de la géographie culturelle, sociale et économique des villes méditerranéennes. Aujourd’hui menacés par des modes de consommation de plus en plus « étroits », des règles sanitaires de plus en plus rigides, il nous revient de les défendre comme des lieux de vie incontournables dans nos cités en Méditerranée. Le renouveau des marchés constitue un enjeu considérable pour le développement durable des villes méditerranéennes. Bruno Giraud Héraud
Président du Conservatoire International des Cuisines Méditerranéennes

Le Marché Paysan du cours Julien : la convergence de deux besoins comme issue aux crises agricoles

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A la fin des années 90, les crises de la filière fruits et légumes se succèdent (cf. août 1999). Les structures agricoles habituelles sont orientées vers les circuits longs et défendent des mesures d’aides conjoncturelles lors des crises. A cette époque, les circuits courts et la vente directe ne sont encore qu’une utopie aux yeux des politiques agricoles. Dans les Bouches du Rhône, les marchés alimentaires de plein vent ne sont plus que des marchés de revendeurs ou des « marchés provençaux de touriste ! ». « Les paysans n’ont plus le droit de cité ».

L’offre des producteurs en fruits et légumes ne s’écoule plus sur les circuits longs classiques.

Lors de manifestations en réaction à la crise des fruits et légumes d’août 1999, un groupe de paysans militants organise des ventes sauvages sur le Vieux Port.
En réinvestissant le centre-ville de Marseille, les producteurs rencontrent les consommateurs et « les marchés sauvages » font apparaître la convergence de deux besoins :

- une offre agricole de proximité qui ne s’écoule plus

- une forte demande des consommateurs urbains en produits frais et de qualité.
Une offre + une demande = la nécessité d’un marché paysan !

L’ADEAR 13 : une association paysanne professionnelle née pour porter cette démarche innovante

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La demande est portée par une association de quartier : l’association du cours Julien. Cette association s’est avérée indispensable dans le bon fonctionnement de ce marché et contribue à son rapide développement mais aussi à sa reconnaissance.
Un travail de qualité a notamment été mené sur :

- les animations mensuelles liées à la mise en valeur des produits de saison, portées par les producteurs (dégustations, conseils…)

- la communication (dossiers de presse, communiqués de presse…)

- la relation avec la Mairie (gestion des emplacements, du nettoyage, des parkings, de l’électricité, etc.)

- l’identification dans le quartier

La déconnexion entre le monde urbain et le milieu rural ne permet pas aux consommateurs de mobiliser à eux seuls des paysans autour de ce projet : de l’importance d’une structure intermédiaire telle l’association cours Julien. Un incontournable : la nécessité d’un interlocuteur professionnel pour faire le lien entre les consommateurs urbains et les producteurs agricoles.
La création de l’ADEAR13 par un groupe de paysans militants qui s’élargit autour d’un projet commun.
L’ADEAR13 en tant qu’organisation collective de producteurs a contribué avec l’association cours Julien à la naissance du Marché Paysan du cours Julien en 2001 par la mise en place de :

- interlocuteur professionnel avec les consommateurs et les structures publiques

- constitution du groupe et choix des producteurs agricoles

- la définition de règles de fonctionnement du marché paysan

Un « règlement intérieur des marchés paysans » comme outil unique de garantie des valeurs fondatrices

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Le règlement intérieur définit des règles collectives de fonctionnement qui engagent les producteurs.
La procédure de sélection des producteurs se fait par :

- l’avis de l’assemblée du marché sur la place disponible pour accueillir ce(s) nouveau(x) produit(s)

- une visite de ferme par des paysans pour vérifier la cohérence entre les modes de production, les valeurs du producteur et la démarche portée sur les marchés paysans

- la validation du CA de l’ADEAR

- une demande auprès de l’association cours Julien, comme relais administratif et technique auprès de la Mairie (connaissance du terrain et des réseaux urbains de fonctionnement)

Pourquoi pas de charte des marchés paysans ?
En 2000 : du global avec La FADEAR (les bases d’une charte de l’agriculture paysanne comme projet agricole) ; au local avec L’ADEAR 13.
12 producteurs soudés autour d’un projet agricole commun : faire reconnaître ses pratiques en agriculture paysanne sur les Marchés Paysans.
Au départ, ce groupe est soudé autour d’une démarche et de valeurs communes : les valeurs de l’agriculture paysanne sont implicitement partagées par les porteurs de ce projet.
Une charte n’est donc pas strictement nécessaire (elle est sous-tendue par le groupe en lui-même) bien que certains agriculteurs qui rejoignent le groupe de départ soient hors du réseau militant fondateur.

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La garantie de la qualité des produits vendus réclamée par les consommateurs se fait par la promotion de pratiques agricoles globalement respectueuses. Le marché c’est « des producteurs à la rencontre de consommateurs urbains » avec un rôle de pédagogie alimentaire. La garantie se base sur la confiance entre les consommateurs et les producteurs.

La rançon du succès : le Marché du cours Julien compte aujourd’hui 28 producteurs et plus de 1500 consommateurs chaque semaine… et un développement toujours en cours !
En 2009, 6 marchés paysans existent grâce à l’ADEAR 13 dans le département des Bouches du Rhône avec près de 60 producteurs qui y participent.
Le Marché Paysan tend à devenir une tradition locale si l’on considère que « la tradition, c’est une innovation qui a réussi » (Chateaubriand.).

Au vu des demandes croissantes d’accueil de nouveaux paysans, et du succès public, l’association cours Julien a demandé une extension autour des fontaines du cours Julien auprès de la Ville. Les travaux de rénovation de ces dernières ainsi que les aménagements nécessaires (électricité, accueil pour la pose et la dépose des marchandises, l’accès aux handicapés), ne font que reculer l’échéance d’un développement possible.

Le marché paysan du cours Julien, un exemple à suivre ?

Au fur et à mesure de leur développement, les marchés ont accueilli de nouveaux producteurs.
Contrairement aux producteurs porteurs du projet lors de la création du marché, les derniers arrivés sont plus ou moins éloignés des valeurs fondatrices implicitement partagées.
L’élargissement du collectif peut amener des producteurs qui entrent sans connaître ou partager les valeurs de l’ADEAR. Ainsi, des dérives peuvent apparaître :

- achat/revente

- produits hors saison

- pas d’implication dans la vie du marché.

Conséquence : le système de contrôle est fait par les paysans qui sont à la fois juge et partie. Des conflits naissent sur les marchés, les producteurs ne partagent plus un projet commun, le collectif se dissout et les crispations sont ressenties par les consommateurs si bien que cela décrédibilise la réputation des marchés paysans et la garantie de la qualité des produits qui y sont vendus.
Aujourd’hui un règlement intérieur autocontrôlé par les paysans ne semble plus suffisant comme outil unique pour garantir les valeurs fondatrices des marchés.

Aujourd’hui une charte spécifique aux marchés paysans semble le minimum. Un projet de charte des marchés paysans a été rédigé mais n’est pas encore validé.
L’extrême serait de tendre vers des cahiers des charges par production mais on perdrait alors la flexibilité d’une charte en mettant en place un système qui vise à exclure par des critères figés.

Par ailleurs, le contrôle interne des paysans ne permet pas l’impartialité et engendre des conflits entre producteurs.

Des solutions

Dans le cadre du projet européen MED EMPORION visant à valoriser le lien entre les marchés locaux et le développement des villes, le projet Gastronomare a vu le jour en 2009. Ce projet avait pour ambition, entre autres, de développer de nouveaux marchés sur la Ville de Marseille. Ce volet ne recevant pas d’échos suffisants, il a été négocié avec l’Europe la réorientation du-dit projet et la mise en place sur le marché paysan du cours julien :

- expérimentation d’un Système de Garantie Participatif des producteurs du marché paysan sous forme de visites des fermes (action réalisée en juin 2011)

- communication sur les stands des producteurs par l’intermédiaire de bâches installées depuis septembre 2011

- réalisation d’un guide méthodologique pour la création de nouveaux marchés paysans (à paraître).

Ainsi, par des solutions alternatives il devient possible d’autogérer le Marché paysan du cours Julien. Aujourd’hui le marché paysan est perçu par les consommateurs comme un service public voire un bien public.

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